Rencontre avec un nihiliste

 

 

 

C’était il y a.. deux ans déjà. Je me trouvais à flâner dans le beau parc de Kalemagdan, sur les hauteurs de Belgrade, surabondant en monuments et souvenirs de l’histoire pour le moins mouvementée de la Yougoslavie et de la Serbie.

J’y rencontrai deux employés d’Etihad, Pedro et Youssef, deux stewarts en escale avec qui je sympathisais et que j’accompagnai dans leur visite. Pedro est portugais et Yusseff est anglais d’origine égyptienne. Je suppose qu’Etihad est assez présent dans la région, comme beaucoup d’entreprises du Golfe qui ont investi assez massivement les Balkans, tout comme les entreprises Read more…

Bertrand Russell vous propose sa dictature scientifique (source du Meilleur des mondes d’Huxley)

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Bertrand Russell est le père de la logique moderne avec quelques autres et c’est aussi le père de la philosophie analytique (philosophie logiciste anglo-saxonne actuellement hégémonique). Il est généralement présenté comme un sympathique et génial grand-père, militant qui plus est au sein des organisations internationales pour la paix.

Mais peu de gens savent qu’il a aussi écrit un plaidoyer paradoxal pour un gouvernement mondial d’experts scientifiques, « oligarchiques », fondamentalement non démocratique, reposant sur la manipulation psychologique des masses. La perspective scientifique (The scientific outlook, disponible ici) se présente en trois volets: La connaissance scientifique, La technique scientifique et La société scientifique.

Les deux premières parties retracent les accomplissements de la science sur un mode très philosophie des Lumières, quant au progrès technique et scientifique, mais très « antilumière » sur le progrès moral de la population et l’émancipation (pour Russell, les masses sont congénitalement irrationnelles et doivent être gérées par le haut). Ainsi, la troisième partie, dystopie futurologique, ressemble à un cauchemar contre lequel il prétend… nous prévenir?… Il y a comme un problème quand à ce que veut nous dire Russell, sur le statut de son énonciation, pour parler techniquement.

Voici comment Russell décrit sa « société scientifique » :

« La société scientifique sera aussi oligarchique sous le communisme ou le socialisme, que sous le capitalisme. […] L’égalité, comme la liberté, n’est, je le crains, rien d’autre qu’un rêve du XIXème siècle. » (p. 233)

« Le gouvernement [futur gouvernement mondial unifié], étant une oligarchie, instillera soumission dans la grande majorité de la population, réservant l’initiative à ses propres membres » (p. 241) Read more…

Pourquoi un Google européen est impossible? (Laurent Alexandre se trompe ou il vous trompe)

Aujourd’hui, a lieu un « grand débat » Macronien avec de youtubeurs et des ministres sur twitch, plate-forme destinée aux jeunes youtubeurs qui exhibent leur débilité sur les réseaux sous les yeux ébahis de leurs semblables. Twitch est une entreprise américaine basée à San Francisco, bien sûr. Voilà qui fait dire aux naïfs: il faut plus d’Europe (d’UE) pour créer nos propres géants d’internet. Mais est-ce possible de créer ces géants hypothétiques ? Et est-ce souhaitable de faire subventionner nos startups et autres entreprises technologiques par l’UE?

Pauvres européens. Vous bercez de tant de rêves… A l’heure où l’impuissance constitutive de l’Union Européenne va éclater au grand jour (élections européennes en mai, Brexit), des gourous prophètes comme Laurent Alexandre ou Luc Ferry Read more…

Peut-on soigner le Solipsisme? (de la philosophie à la psychopathologie)

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L’hypothèse solipsisme est à la mode: hypothèse selon laquelle nous vivrions dans une simulation, un rêve. (C’est ce qu’on appelle idéalisme subjectif en philo.)

Est-on seul dans sa pauvre tête? Le monde est-il une illusion? Notre propre personne existe-t-elle? Sommes nous seulement un hoquet de l’univers? Cette étincelle de conscience sécrétée par la matière, par hasard, presque par erreur? Une étincelle pornographique qui donnerait à la boue l’occasion de se palper?

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Cette situation peu enviable et déprimante est bel et bien celle que nous offre le matérialisme ambiant et sa vision du monde, sa métaphysique, sa cosmologie, sans parler des suppléments qu’il nous propose Read more…

Abîmes et microphysique de l’oubli

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J’avais ouvert une série presque infinie d’onglets à partir des réseaux sociaux dont le dernier me fit soudain penser à ce que je devais faire. Enfin. Alors, revenu à moi-même et ma tâche, possédé par le devoir ressuscité, je fermai les sources de diffraction continue de mon attention: Twitter et Facebook. 

Et j’ouvris un autre onglet pour aller…. Où déjà? 

Alors, je constatai que l’énergie et la concentration nécessaire pour prendre la décision de fermer les robinets de distraction m’avaient fait oublier la chose même que j’avais à faire.

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Illustration: toile de Gerhard Richter

La fin du monde a-t-elle une vertu stabilisatrice au niveau macro?

Quoi de plus beau, quoi de meilleur que la fin du monde? Quel plus grande honneur que de finir avec l’univers? L’idée fantasmatique de la fin généralisée parvient enfin à réconcilier les tendances contradictoires du narcissisme individuel et du besoin d’appartenance collective. C’est peut-être même une sorte de drogue qu’on nous inflige, et qui nous rend euphoriques et efficaces. Ou alors stressés et étourdis.

Tous les évènements se bousculent à tous les niveaux, dans tous les systèmes saturés par l’entropie. Mais le système peut-il s’effondrer? Vivons nous une certaine forme d’apocalypse? Je croyais que non, il a quelque temps. Comme la plupart des spécialistes médiatiques dont je ne suis pas. Car l’idée de l’apocalypse a paradoxalement des vertus stabilisatrices.  Donc je pensais que nous étions dans un système fantasmatiquement apocalyptique mais hyperstable, et pour cette raison même. Read more…

1968-2018 : Macron, le dernier des simulacres

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Macron, songeur, contemple un pavé. Dessin de Pep Montserrat, pour l’Obs.

Il est heureux de constater que la France sait toujours donner de grands spectacles historiques. Macron n’avait pas jugé utile de fêter l’anniversaire des 50 ans de mai 68, mais l’Histoire s’en sera chargée à sa place. J’imagine direct une petite analyse que vous ne trouverez sans doute pas dans Libé (quoique): 50 ans après, on a une révolution qui est l’exact inverse de celle de 68, pour en liquider Read more…

La théorie des jeux, matrice du néolibéralisme

 

 

 

 

 

Toujours en matière de description de la situation (sociale, culturelle, économique, géopolitique, psychologique, métaphysique, etc.) tellement bizarre dans laquelle nous sommes, voici, après le siècle du moi, un autre documentaire Read more…

Macron, que tu es beau quand tu t’effondres!

 

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Macron, tu fais plaisir, tu t’effondres! La com ne pouvait pas fonctionner ainsi. Pourquoi? Parce que ç’aurait été trop moche pour la France, pour le monde, pour l’humanité. Trop moche que la com eut aussi complètement triomphé sur le vivant. Trop moche que tu puisses imposer l’effroyable imposture que tu représentes sans réponse violente de la réalité. Les gilets jaunes, c’est la vie même.

Il n’a pas été toujours facile de se dire Français. Et enfin, aujourd’hui oui, complètement, nous pouvons être fiers d’être français (sauf toi!, ha ha)! Et le monde voit ta déconfiture, grâce au peuple qui dit non, qui se constitue! Et c’est le monde qui tremble maintenant. Car la France n’a peut-être pas dit son dernier mot en matière d’histoire. Elle peut peut-être donner le ton et bouleverser Read more…

La préoccupation pharmacologique

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Préoccupation pharmacologique: de quoi dois-je me nourrir? Ici, nous touchons un problème crucial de la philosophie, certes, mais de l’humanité au XXIéme siècle. Quelle nourriture faire rentrer en moi: mets, drogues (pharmakon), images, sons, attitudes, idées, concepts (dans tous les cas, pharmaka…)? Dans le monde actuel, il faut savoir pratiquer la gestion de l’intoxication, car l’intoxication est inévitable. Mais il faut en limiter les dégâts. Savoir jouer contre, et, qui sait, guérir?

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