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L’hypothèse solipsisme est à la mode: Hypothèse selon laquelle nous serions seul à ressentir ce que nous ressentons, comme dans un rêve…

Est-on seul dans sa pauvre tête? Le monde est-il une illusion? Notre propre personne existe-t-elle? Sommes nous seulement une hoquet de l’univers? Cette étincelle de conscience sécrétée par la matière, par hasard, presque par erreur? Une étincelle pornographique qui donnerait à la boue l’occasion de se palper?

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Cette situation peu enviable et déprimante est bel et bien celle que nous offre le matérialisme ambiant et sa vision du monde, sa métaphysique, sa cosmologie, sans parler des suppléments qu’il nous propose dans le transhumanisme et dont nous ne parlerons pas en détail ici, bien qu’il soit entendu que ce supplément ontologique/eschatologique n’est qu’un approfondissement de l’erreur matérialiste, ainsi qu’on en a déjà parlé, entre autres ici, ici ou ici.

 

 

L’homme (post)moderne est confronté au vide de la métaphysique matérialiste tel que décrit ci-dessus. Sa tâche psycho-existentielle consiste peut-être donc à reconstruire un univers qui fait sens pour lui. C’est ce que proposait de faire une foule de gens qui se préoccupaient de cet état existentiel et épistémique: Husserl et les phénoménologues, tout comme dans un autre registre, des savants de tout bord inspirés par Nietzsche, comme René Guenon ou notre psychiatre national (helvète) C. G Jung Mircea Eliade, et mille autres.

Cette tâche de reconstruction, maintes fois proposée sous maintes formes, est paradoxale (impossible bien que nécessaire) et donc inquiétante… on y décèle facilement une impulsion « réactionnaire » (revenir en arrière, reculer… modérer le progrès).

La reconstruction du sens serait presque la tâche inverse de celle du scientifique/philosophe du XVIIème siècle comme Descartes ou Galilée. Car la pensée logico-mathématique qu’ils ont produite a aussi suscité cette forme d’oppression claustrophobie (solipsisme ou étincelle pornographique) qui se soigne aujourd’hui dans les cabinets des psys, ou dans les stage de développement personnel, dont une fonction est d’aider les occidentaux à retrouver un rapport plus simple, plus direct avec le monde (moins dédié par le calcul psychologique).

J’ai évoqué dans les derniers posts de façon crue et burlesque cette psychologie pathologique de l’occidental qui se croit détaché du monde et enfermé dans sa subjectivité, et comment cette forme de rapport au monde ressemble à celui des premières sectes chrétiennes apocalyptiques.

Voici en gros le raisonnement logique qui est proposé (de façon sous-jacente) pour fonder individualisme et égoïsme psychologique à partir de prémisses (et dans un cadre) solipsistes, dans notre société actuelle:

Si la réalité matérielle est la réalité ultime, médiée par nos sensations, qui nous permettent de l’appréhender, alors notre but doit être de rendre ces sensations les plus agréables possibles. Et dans ce cadre, toute action altruiste et généreuse est en dernière instance une action égoïste.

Ironie du destin de la philosophie que de finir en psychopathologie…

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Je crois que c’est Descartes qui a fondé la tendance solipsiste occidentale moderne. Heidegger prétend que c’est à cause de lui que nous sommes dans la merde. Descartes aurait entériné l’exil de l’homme occidental dans sa conscience coupée du monde. L’étincelle pornographique. (ici, un petit résumé très ramassé  par A. De Libera des attaques de Heidegger contre Descartes)

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C’est ainsi que ces dernières années je me suis tourné les la phénoménologie comme pour trouver un antidote à cette pensée réductionniste psychopathologique, dont je retrouve les attendus dans toutes les formes de pensées proposées par la philosophie analytique américaine, que j’étudie presque malgré moi à l’heure actuelle par un curieux hasard. Mais pour compenser, maintenant que je suis en vacances, je prends un bain de phénoménologie en étudiant Husserl, Les Recherches Logiques et ses Idées pour une phénoménologie. Sans encore y comprendre grand chose j’y vois la promesse de pouvoir déclarer « j’ai une âme » sans le moindre doute, et ce sans le secours de nulle thèse métaphysique.

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