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Il y a une figure obligée de tout cours de marketing ( RP, com ou pnl itou) de premier niveau: celle de la question de la manipulation. À un moment donné, le formateur va aborder le problème du bien et du mal. Il va (se) demander si tout ça ce n’est pas de la manipulation…

Les élèves, sommés de s’exprimer par cette question, diront chacun à leur tour et d’un air incertain, que pas vraiment, mais un peu quand même, enfin, pas sûr (on voit là la position structurellement incertaine, voire humiliée [rendu humble] de l’individu, face à l’expert). Le formateur, déculpabisant, leur expliquera ensuite, que oui, c’est de la manipulation. Mais que ce n’est pas mal, parce que c’est comme dans plein de situation de la vie de tout être humain. Exemple la drague, la rencontre: on essaie bien de se montrer sous son meilleur jour, naturellement, on fait de la com. On sélectionne certains détails qui nous sont favorables, on tait ceux qu’on préfère taire… Bref, on se vend.

Après certains formateurs aventureux évoquent Eve et la pomme: est-ce que ce n’était pas, pour le serpent, du marketing que de convaincre Eve? Marketing pour celle-ci de convaincre Adam? Ironie de ces exemples qui évoquent la morale, la conscience du bien et du mal, que les marketteurs travaillent à détruire chaque jour… Tout ceci disparaît dans un brouillard esthético-foctionnel propre à l’univers de la com.

L’un d’eux, exceptionnellement cultivé, m’a même parlé de Jésus: faire des miracles, c’était bien du marketing. Oui, en considérant que les historiens nous apprennent qu’ils étaient des milliers à sillonner le Proche Orient à cette époque pour fonder des sectes et des communautés mystiques! Il fallait se démarquer et c’est le miracle qui faisait son prophète. Marketing.

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Enfin, on doit en conclure à la “naturalité” de la manipulation de l’humain par l’humain et à celle, consécutive, du marketing. Ni plus ni moins qu’un instrument. Comme un couteau, on peut l’utiliser pour faire le bien comme pour faire le mal. Comme un ingénieur.

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Depuis que j’ai repris Interstrates, j’essaie de mettre en évidence (s’il est encore besoin de le faire) une  vision différente. Une vision qui prend de plus en plus de crédibilité dans l’intuition immédiate commune, même si elle a du mal a surgir dans les médias et la politique: celle d’une intoxication générale dont la catastrophe écologique n’est peut-être que la métaphore, une intoxication ontologique (de l’être). Dans l’optique de convergence que nous vivons, on peut appeler ça le transhumanisme, la volonté de volonté, la pure technique, la société du spectacle, le marketing ou la com. Tout cela converge et se concentre, déjà presque des synonymes.

Un mauvais démon nous possède. Il est là. Paradoxe: il vient de nous, il rentre en nous. Et le pire, c’est que c’est peut-être simplement le monde tel qu’il va et qu’il saurait être autrement (on a vu comment tout ça se développe et se justifie comme une extension du mouvement de la vie et de la nature). Nous devons donc envisager la vie comme la gestion d’une inévitable auto-intoxication.

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Dessin: THadé