Adieu, ô Piss christ (l’article qui relate les faits). Fusion solaire du haut et du bas. Un Christ d’or qui disparaît dans la lumière volcanique. Le ciel, la terre et le feu. L’humanité et son sauveur s’y rencontrent peut-être dans une sacralité inédite.

Pourtant je ne peux m’empêcher de trouver son destin drôle, et presque mérité. Car, soyons sérieux, on doit davantage sa notoriété au procédé (tremper un crucifix dans un bassin d’urine) et à son nom, qu’à ses qualités esthétique. Il a vécu par le scandale et il meurt par lui. Et Andres Serrano y gagne sûrement une grande publicité.

À l’ère de la reproduction des oeuvres d’art, on ne devrait donc pas trop se formaliser d’un tel acte. Ça n’est pas les Bouddha de Bamiyan! En fait, on pourrait s’avancer à dire que c’est la meilleure chose qui puisse arriver à une oeuvre actuelle. Un ready made ou une installation, c’est du récit (pour ne pas dire storytelling), et là, notre pisschrist s’est offert son chemin de croix grand-luxe, sa fin à la James Dean. L’attentat anti-art a le mérite paradoxal de donner à l’art un supplément d’existence, à l’heure où si peu le prennent au sérieux. Je vous salue en Christ.

Larg2o

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